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Arthur Anna

Tout démarre d’un instant, d’un regard. Fulgurant.

Une fraction de seconde lorsque nous nous sommes croisés.
Je n’ai pu m’empêcher d’aller le voir, timidement, pour lui dire mon envie de le photographier.
J’ai tout de suite su que ce serait lui. Lui, le sujet d’un projet photographique que je voulais mener sur l’identité. Je ne savais pas encore quelle forme prendrait ce projet. Je souhaitais juste partager l’expérience avec lui. Je ne voulais pas passer à côté de cette rencontre…
Nous sommes tous les deux étudiants à Saint Luc, lui en secondaire, moi en supérieur.
C’est autour d’un café, quelques jours plus tard, que je découvris une personne douce et sincère, porteuse d’un secret. Une soirée lui suffit pour se livrer à moi, parfaite inconnue. Deux sensibilités venaient de se rencontrer. Il y a chez Arthur une immense force de caractère, celle qui lui a permis de prendre une décision personnelle qui changera sa vie.
Cette rencontre aura changé la mienne.

Je suis heureuse de partager, de traverser cette étape importante de sa vie et de la soutenir.
Ce chemin de vie partagé à travers la photographie m’amène à me questionner autant qu’à questionner :
Qu’est-ce que l’identité ? Sexuelle ? Psychique ? Qu’est-ce que le rapport à l’autre quand s’interpose la photographie ? Qu’acceptons-nous de montrer de nous ? Com- ment contrôle-t’on son image ? Et avec qui ? Donne-t’on plus à un proche, à un inconnu ? Qu’attendre de cet échange ?
Ce projet en cours a donc une dimension thérapeutique. Autant pour Arthur que pour moi, tant les changements impliqués par un glissement d’identité, un change- ment de genre font vaciller nos repères, sont impliquants physiquement et psychiquement pour l’un et l’autre.
Ce projet sera une trace, une mémoire de son présent en même temps que de son devenir proche : un témoignage de cette deuxième naissance. C’est le fameux “punc- tum” de Roland Barthes qui s’exprime ici pour dire (presque

à rebours) une mort à l’œuvre (celle d’Arthur) et une naissance (celle d’Anna).
Çà a été et çà n’est plus. Çà devient; est devenu un-e autre.

Mes photographies traduisent cet entre-deux de l’identité, le trouble qui en naît et aussi l’histoire de notre relation. Cette relation sans jugement, directe. Une proxi- mité, une intimité qui permet à Arthur-Anna de se mettre à nu, de déshabiller son âme, lui-elle qui aime tant jouer / se cacher / se montrer / se révéler derrière les vêtements qu’il collectionne…
Nous continuons par besoin mutuel, ce projet, ce partage. La transformation d’Arthur-Anna évolue. Nous nous voyons dès que nous pouvons. Nous entretenons ce lâcher-prise qui tient du jeu autant que du sérieux.

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